30/10/2019

Doctor Sleep ou le respect dans l'émancipation

Près de 40 ans après la sortie du film culte "Shining", arrivée en salles aujourd'hui de "Doctor Sleep", suite adaptée de Stephen King Un film qui peut être vu sans avoir regardé son illustre prédécesseur mais dans ce cas il sera difficile d'en saisir toutes les nuances. "Doctor Sleep" portait forcement beaucoup d'attentes mais aussi de craintes, car il s'agissait d'un véritable défi pour Mike Flanagan que de s'attaquer à cette oeuvre monumentale. Forcer de constater que le pari est gagné mais avec un étonnant mélange de conservatisme absolu du travail de Kubrick arrosé d'un vent de modernité au niveau de la mise en scène et des effets spéciaux qui sont plutôt utilisés à bon escient, encore qu'ils auraient pu être encore moins présent. On retrouve donc avec plaisir le petit Danny Torrance qui a bien grandi mais qui n'est pas pour autant libérer de ses démons. Il est très difficile de résumer l'intrigue sans risquer d'y mettre des spoilers, je ne m'en ferais donc rien. Au casting,  Ewan McGregor, qui joue de façon très sobre (à contrario de son personnage) et sans excès là où certains auraient pu être tentés d'en faire des caisses, est un Danny parfait ou du moins tel que l'on aurait pu l'imaginer en tant que spectateur. A ses côtés, on retrouve la comédienne suédoise Rebecca Ferguson, vénéneuse à souhait, Cliff Curtis, Zahn McClarnon ou la jeune Kyliegh Curran, révélation du film.  Un long-métrage dont la première des qualités est de savoir prendre du temps, son temps, imposant un rythme assez lent dès le départ qui ne s'emballe vraiment que dans la dernière demi-heure. Tous les éléments sont disséminés peu à peu pour ne reconstituer le puzzle qu'en fin de film. La mise en scène reprend le style "Shining" mais Flanagan s'autorise aussi pas mal de hors-piste avec des scènes d'action qui raviront les plus jeunes au risque au contraire de contrarier les puristes, fan de l'original. Il en résulte tout de même un  très bon film, plein de références et de clins d’œil,  qui n'a pas peur de briser certains taboos cinématographiques et qui s'appuie sur l'imaginaire sans limite d'un Stephen King qui ne déçoit jamais. A voir évidemment.

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