09/11/2018

Ad Vitam: Une idée géniale freinée par une mise en scène suresthétisée

La création française se porte bien et à la lecture de son synopsis,  la nouvelle série "Ad Vitam" de Thomas Cailley semblait en être la parfaite illustration. Un programme de science-fiction audacieux qui nous présente un monde où grâce à la régénération, l'ensemble de l'humanité à la possibilité de toucher du doigt l'immortalité. Un univers qui serait presque idéal si de nombreuses questions sociétales et d’éthiques n'en découlaient pas, provoquant inévitablement des scissions au sein de la population. L'histoire débute alors que les corps de sept personnes suicidées sont retrouvées sur une plage. Dès les premières minutes, le potentiel colossal de cette série s'impose à nous comme une évidence, d'autant que le tout est servi par un casting cinq étoiles, à commencer par Garance Marillier, au centre de l'intrigue, et Yvan Attal en flic de 119 ans qui conduit l'enquête autour de la funeste découverte. On retrouve également, dans des rôles dont il est à ce stade difficile d'évaluer l'importance, Niels Schneider, Rod Paradot ou Ariane Labed. Le premier problème, qui n'en est pas véritablement un mais qui se pose assez vite, est la richesse du script,qui développe en détail les modes de vies et une multitude de règles du jeu de cette nouvelle civilisation qu'il faut appréhender. C'est proprement brillant mais sans doute même un peu trop pour le spectateur lambda qui va devoir s'accrocher pour apprécier toutes les subtilités de cette fiction qui s'annonce aussi comme une bonne grosse prise de tête. Ensuite vient le choix fait d'accompagner l'histoire de décors faussement modernes ornés de lumières fuchsia ou bleu flashy, façon "Blade Runner", comme si l'avenir et le progrès était inévitablement liés à la couleur. La mise en scène, dans la même veine, est très très soignée, très belle, trop belle, trop propre, au point par moment d'en gêner la narration. Reste, l'interprétation plutôt très convaincante de Garance Marillier à laquelle se confronte celle d'Yvan Attal, qui joue juste certes, mais qui n'a pas toujours l'air très à l'aise dans ce registre de science-fiction. Il en ressort un programme de qualité,  parfaitement formaté pour "ARTE" , mais dont une partie du public risque de vite se sentir exclu. Il va toutefois falloir attendre d'en avoir vu l'intégralité pour pouvoir réellement en juger.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire