23/10/2018

Le Grand Bain, tellement plus qu'une comédie

Après l'excellent "Jeu" de Fred Cavayé la semaine dernière, le cinéma français nous gatte avec la sortie cette semaine du "Grand Bain" de Gilles Lellouche. Passé en mai dernier, avec succès, par le festival de Cannes et objet d'une campagne de publicité colossale voire excessive, disons tout de suite que le film est à la hauteur des espérances et on pourrait très bien, sans rougir, le comparer à d'illustres prédécesseurs dont le plus évident parait être "The Full Monty". En effet, si l'on rit beaucoup, "Le Grand Bain" peut être qualifié de social avec ses (anti ?) héros ou plutôt ses loosers magnifiques qui vivent en margent ou peinent à rentrer dans le cadre dans lequel on voudrait les mettre. Ce long-métrage, aussi poétique que burlesque, aussi décalé que touchant, c'est avant tout un casting formidable dans lequel se côtoient des personnalités qu'on aurait jamais imaginé voir travailler ensemble à l'image de Mathieu Amalric et d'un incroyable Philippe Katerine, sorte de rencontre du troisième type. Comment ne pas citer Jean-Hugues Anglade, formidable en père qui voit l'échec qu'est sa vie à travers les yeux de sa fille ou Leila Bekhti en coach autoritaire voir même un brin sadique. Benoit Poelvoorde, Guillaume Canet, Alban Ivanov ou Virginie Efira sont également utilisés avec justesse dans des exercices plus habituels et sans doute moins surprenant que leurs collègues. Niveau réalisation, Gilles Lellouche propose une mise en scène tantôt classique, tantôt pleine de fantaisie et de couleurs avec parfois même des plans de toutes beauté notamment aériens dans les scènes de compétitions aquatiques, le tout agrémenté d'une bande originale qui sent bon les années 80, décennie censée avoir bercé (trop près du mur pour Katerine) ces personnages.
"Le Grand Bain" est donc officiellement une comédie mais c'est aussi un feel good movie, un road movie et une grande invitation à passer outre le regard des autres, outres les critiques, outre les conventions et tant que possible, aller au bout de ses convictions. On en sort plus optimiste, avec l'impression, certes éphémère, que tout est possible et que oui,  un rond peut rentrer dans un carré et vice-versa, c'est le message de ce long-métrage, qui passe formidablement bien. A voir absolument et sans modération.

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