27/11/2018

Les Rivières Pourpres: Séduisant sur le fond, décevant sur la forme

"France 2" diffusait ce soir les deux premiers épisodes de la série, et non pas mini-série, élément sur lequel je reviendrais plus tard, "Les Rivières Pourpres", nouvelle transposition de l'oeuvre de Jean-Christophe Grangé,  que le romancier adapte ici lui-même, un gage de qualité certain. Au casting, le commissaire Pierre Niemans prend  vie sous les traits d'Olivier Marchal, seconde garantie de valeur, succédant ainsi à Jean Reno qui l'incarnait dans les deux films sortis en 2000 et 2004. A ses côtés, la comédienne belge Erika Sainte, vue récemment dans "Le Grand Bain", interprète Camille Delaunay, sa partenaire et ancienne élève à l'école de police.  Dès les premières minutes, on retrouve les éléments qui avaient fait le succès du premier long-métrage: meurtre sordide au milieu de décors mystérieux et austères, sur fond d'histoires familiales plus ou moins liées à un sombre passé nazi et enquête en vase clos, le tout avec un soin particulier apporté à un esthétisme digne d'une oeuvre de cinéma, soin qu'il aurait été nécessaire d'apporter également au doublage des comédiens allemands. A priori, tout pour séduire les fans de la première heure, d'autant qu'Olivier Marchal, qui s'avère être un excellent Niemans, semble vivre plus qu'il ne joue. Plusieurs problèmes vont tout de même se présenter, à commencer par l'ambiance qui, bien qu'extrêmement travaillée, ne parvient jamais à s'affirmer comme très inquiétante et n'a surtout pas ce côté glauque et poisseux qu'on retrouvait sur grand écran, la faute probablement à un besoin de  plaire au plus grand nombre à une heure de diffusion où le public est familial. Vient ensuite, le défaut rédhibitoire, celui du format des épisodes et de la série dans son ensemble car à ma grande surprise, les huit épisodes de cette première saison ne sont pas tous articulés autour d'une même intrigue feuilletonnante mais simplement groupés par deux autour d'une enquête, à tel point qu'un format téléfilm de 90 minutes aurait été plus approprié, l'interstice entre deux épisodes n'ayant aucune véritable fonction. Au final, le produit est soigné visuellement et bien servi par la distribution mais le côté télévision grand public ne lui autorise aucune fantaisie comparable au reste de la franchise, en faisant une simple fiction policière, de bonne facture certes, mais très décevante à la vue du potentiel énorme qu'elle semblait dégager. 

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